Parce que “la Vie n'est pas une force pour la violence, mais pour la Liberté”
En juillet 2005, les deux ont tenté de s'enfuir ensemble. "Il a fallu la force de caractère d'Ingrid pour réussir à surmonter ma faiblesse", note l'ancien otage. Ils ont passé cinq jours dans la jungle. Pour rattraper les fugitifs, la guérilla a déployé une opération sans précédent. "Je n'ai pas été à la hauteur, raconte-t-il. J'ai eu peur. Nous n'avions rien à manger, que du poisson cru. Nous étions trempés. Ingrid m'a vu dans un état lamentable. J'ai échoué, j'avoue." Les deux otages ont finalement décidé de se livrer à leurs ravisseurs. Les représailles ont été terribles. "Les guérilleros nous ont enchaînés, chacun à un arbre, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, poursuit M. Perez. Ingrid a essayé de résister. Elle ne voulait pas se laisser faire, mais ils ont usé de la force. Ils nous ont enlevé nos bottes, nous avons dû marcher pieds nus."
M. Perez tente de ne pas avoir de haine pour ceux qui furent ses bourreaux. Il est convaincu que seul le dialogue politique pourra mettre fin au conflit armé qui déchire son pays. "Ingrid, elle, n'a pas de ranc½ur. Elle a pleine conscience de son rôle. Elle a eu tout le temps qu'il fallait pour réfléchir à ses propositions de gouvernement. Elle sait que ce n'est pas par la violence que l'on mettra fin à la violence", dit-il. Il ne doute pas que son amie sera un jour présidente de la Colombie. En attendant, il se souvient des derniers mots qu'elle lui a dits, ce triste 4 février : "Profites-en bien, Lucho, profite de chaque minute de liberté."